Eloge de 
la rêverie…

Coach professionnelle certifiée et enseignante en méditation de pleine conscience, entre autres pour Petit Bambou, Laurence Thomas-Loiseleur vous propose des chroniques résolument apaisantes.

Le7.info

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C’est les vacances… Et un irrépressible besoin de ralentir semble s’emparer de moi : lire plus lentement mon livre en prenant le temps de lever les yeux entre les phrases, écrire plus lentement les messages en laissant résonner les mots avant d’imaginer les suivants… Et, de fil en aiguille, d’une idée à l’autre, se laisser appeler par un paysage qui vient à nous, un endroit où l’on ne s’est pas rendu depuis longtemps, un ami dont on n’a pas pris de nouvelles depuis trop longtemps et que l’on pourrait bien appeler aujourd’hui...

C’est souvent dans ces espaces en creux que se mettent en route nos projets de cœur… Avec néanmoins un sentiment bizarre de torpeur, de lenteur, une sorte de lassitude, comme un brouillard ambiant qui tarde à se lever. Ralentir, ça rend un peu mou. Et pourtant, c’est bien ce vagabondage mental qui, selon les neuroscientifiques, facilite la résolution de problèmes complexes. Car quand on rêve éveillé, on peut ne pas atteindre son objectif immédiat (finir son livre, ranger la table du petit-déjeuner…). Cet état de liberté intérieure autorise toutes les hypothèses, encourage les réflexions les plus disruptives : et si je changeais de maison ? Ou de région ? Ou de vie tout simplement ?

Quelle bonne nouvelle, alors que nous passons en moyenne un tiers de notre vie à rêver ! Et pourtant, rêver est souvent bien davantage associé à une oisiveté malsaine. Affublé en ancien français du suffixe péjoratif -asser, on rêvasse comme on traînasse, avec l’idée que rêver, c’est divaguer ou délirer, voire selon le sens étymologique vagabonder ou rôder. Il faudra attendre les Essais de Montaigne pour que la rêverie prenne son sens d’activité de l’esprit qui médite et qui réfléchit. Un peu plus tard, dans les romans de la seconde moitié du 
XIXe siècle, la rêverie apparaît de nouveau comme un possible danger, associée aux langueurs romantiques. Et peu à peu, la rêverie littéraire trouvera ses lettres de noblesse, et le rêveur deviendra visionnaire éclairé.

Alors, cette semaine, autorisez-vous quelques minutes de rêverie. Regardez la forme des nuages comme le font les enfants, écoutez le bruit de la pluie comme une délicate poésie, savourez votre gâteau préféré sans hâte et jusqu’à la dernière bouchée. Marchez à pas comptés, et accordez-vous encore un peu de temps après avoir lu cette chronique… Très belle journée à vous, et choisissez d’être heureux !

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