Gaz radioactif, inodore et incolore, le radon présente un danger pour la santé à l’intérieur des habitations. L’Agence régionale de santé mène une campagne d’information auprès du grand public.
En plus des mauvaises odeurs, ne pas aérer son logement peut avoir de lourdes conséquences. En effet, cela peut favoriser le développement du radon. Ce gaz radioactif, incolore et inodore se développe naturellement dans les habitations, notamment dans les sous-sols. Deuxième cause de décès par cancer du poumon après le tabac, il est à l’origine, chaque année, d’environ 3 000 morts en France.
« Dans la Vienne, 34 communes sont concernées par ce gaz, principalement situées dans des zones de formations géologiques riches en uranium »,
explique Philippe Vansyngel, responsable du service santé et environnement de l’ARS Nouvelle-Aquitaine. Néanmoins, d’autres territoires comme la Bretagne et le Limousin y sont davantage exposés.
Des kits de détection distribués
Pour lutter contre ce phénomène, l’Agence régionale de santé a mené, la semaine dernière, deux actions de sensibilisation à Ligugé et Journet. « Une centaine de kits ont été transmis gratuitement aux personnes présentes. Ils permettent de tester, directement chez soi, la concentration en radon », ajoute Philippe Vansyngel. Il suffit de placer le dosimètre, fourni dans le kit, dans une pièce du rez-de-chaussée, comme le salon ou une chambre, pendant deux mois. Au fil du temps, les particules de radon viennent s’y déposer. « Une enveloppe prétimbrée est envoyée avec le kit pour nous transmettre les résultats une fois les deux mois écoulés. »
L’ARS contacte ensuite individuellement les occupants pour les informer de la concentration en radon de leur logement.
Un bilan plutôt rassurant
Même si le gaz est présent dans plusieurs communes du département, les chiffres sont loin d’être alarmants : « Entre 80% et 90% des résultats présentent des concentrations en radon inférieurs à nos deux seuils fixés à 300 et 1000 becquerels
par mètre cube », rassure le cadre de l’ARS. De plus, sur l’ensemble des campagnes, aucun résultat n’a dépassé les 1000 Bq/m3 et seulement
11 se situent au-dessus de
300 Bq/m3. A noter également que les concentrations les plus élevées sont très souvent liées à des problèmes de ventilation de l’habitat. Aérer son logement peut donc aider à diminuer la concentration en radon. Cela limite aussi le développement d’autres polluants.
« Nous essayons d’accompagner au maximum les particuliers avec nos actions de prévention. Notre objectif est de limiter le développement du radon en trouvant des solutions adaptées »,
conclut Philippe Vansyngel. Si le radon est invisible, ses risques, eux, ne le sont pas.