CHU : la fusion, trois ans après

Le CHU de Poitiers a intégré le Groupe hospitalier Nord-Vienne début 2021. En trois ans, le site châtelleraudais a retrouvé une situation financière plus saine, investi dans un nouveau service d’urgences... En attendant un service d’hémodialyse.

Arnault Varanne

Le7.info

« Châtellerault, c’est le CHU et le CHU comprend Châtellerault ! » Au cas où le doute subsisterait dans les esprits, le président de la commission médicale d’établissement Pierre Corbi s’est chargé, la semaine dernière, de rappeler aux Châtelleraudais une évidence : le vénérable hôpital Camille-Guérin n’aurait pas survécu à son endettement. « L’urgence de la situation rendait la fusion inévitable et ne pas garder un établissement de proximité aurait été un désastre », appuie le maire de la ville Jean-Pierre Abelin. Trois ans après, quel bilan ? « Il nous reste beaucoup de travail, mais nous sommes fiers de ce qui a été accompli », 
répond Anne Costa, directrice du CHU de Poitiers.

Des chimiothérapies en proximité

Ce qui retient d’abord l’attention, c’est la modernisation du service des urgences, inauguré le 10 avril, par lequel plus de 22 000 personnes transitent chaque année. Le CHU a investi 2,3M€ de manière à ce que le 
Dr Jérémy Guenezan et ses équipes travaillent dans de bonnes conditions, avec un fléchage des patients optimisé, un passage de 6 à 8 lits d’unité d’hospitalisation de courte durée, une zone d’attente pédiatrique, un box gériatrique... « Les 170m2 supplémentaires nous permettent de mieux accueillir et de prendre en charge dans de meilleurs délais », observent le Dr Guenezan. Deuxième impact direct de la fusion : 
le développement de la cancérologie, en particulier la refonte de la pharmacie permettant de préparer les chimiothérapies sur place (de 1 850 à 2 850 séances proposées en deux ans). « Le renfort des Dr Ferru et Hibon a permis que tous les patients d’oncologie digestive et d’hématologie soient pris en charge ici », note le Dr Thomas Systchenko. 


Difficultés de recrutement

Par-delà des investissements financiers passés et à venir (4M€ sur la biologie, un second scanner est attendu pour 
2026, une unité d’hémodialyse de 12 places « sous trois ans »), 
le CHU de Poitiers a créé des consultations de médecine vasculaire, de neurologie ou de rhumatologie. Et pour ce faire, l’établissement mise sur la territorialisation, à commencer par les urgences et la biologie. Autrement dit, les praticiens se déplacent de Poitiers vers Châtellerault et vice versa. Reste une réalité : la difficulté à trouver des personnels soignants. Le site a ainsi suspendu les accouchements dix jours en juillet 2023 faute d’anesthésistes-réanimateurs. Et le service de cardiologie est toujours fermé faute de médecins... Le départ vers le privé de quelques praticiens en urologie, gastro-entérologie, médecine interne et chirurgie viscérale ? Au-delà de ces 
« situations individuelles », Anne Costa évoque « des difficultés de recrutement pour tous les hôpitaux de France. » « Et on s’efforce de trouver des solutions à chaque fois. Il n’y a pas de dysfonctionnement structurel. Il faut rappeler que nous créons 40 postes de praticiens hospitaliers par an. » La fusion ? 
« Un succès malgré tout », 
conclut la directrice générale du CHU.

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