Cimetières poitevins, une question de place

Si la situation n’est pas préoccupante à court terme dans les cimetières de Poitiers, la Ville envisage de créer un cinquième site et cherche aussi à libérer des places dans les quatre cimetières existants.

Pierre Bujeau

Le7.info

La création d’un cinquième cimetière est en discussion depuis plusieurs années. Dès 2021 et 2022, des études alertaient sur « une saturation » à l’horizon 2027. Où en est la situation aujourd’hui ? « Elle est sérieuse, mais pas alarmante pour autant. Ce qu’il faut comprendre, c’est que chaque site a une réalité qui lui est propre », résume Paul Devallet, responsable du service des cimetières de Poitiers.

La Pierre-Levée sous tension

C’est à la Pierre-Levée que les difficultés sont les plus importantes. Plus grand cimetière de la ville, mais aussi le plus accessible et le plus fréquenté, il concentre entre 40 et 50% de l’activité du service. Une cinquantaine de tombes y sont attribuées chaque année. Pour libérer de nouveaux emplacements, la Ville mise notamment sur les reprises de concessions. Mais le compte n’y est pas. « La Ville attribue davantage de concessions qu’elle n’en récupère. Si on se projette à moyen terme, on va vers la saturation totale », prévient le responsable. La situation est différente à Chilvert, où 60 à 80 emplacements traditionnels seraient encore disponibles, pour une trentaine d’attributions annuelles. Le cimetière de la Cueille, près de la Blaiserie, dispose également de réserves foncières. Quant à l’Hôpital-des-Champs, le plus ancien des quatre sites, il ne compte qu’une vingtaine de concessions disponibles. Mais la demande y reste marginale, avec environ une sollicitation par an.

Anticiper les décès de demain

Reste que la tendance de fond inquiète. Aujourd’hui, les cimetières poitevins accueillent environ 450 nouveaux défunts par an, toutes formes de sépultures confondues. Selon certaines projections évoquées par le responsable, ce chiffre pourrait se situer entre 550 et 600 à l’horizon 2040. En cause, notamment, le vieillissement de la génération des baby-boomers, qui devrait entraîner une hausse des décès entre 2035 et 2045. Le cinquième cimetière, dont les travaux ont été repoussés à 2028, doit permettre d’absorber cette évolution.

Faire de la place dans l’existant

En parallèle, la Ville cherche à récupérer les emplacements laissés à l’abandon. Dans certains secteurs anciens de Chilvert ou de la Pierre-Levée, plusieurs sépultures ne seraient plus entretenues. Pour reprendre une concession, la municipalité doit suivre une procédure réglementaire et informer les familles. Après plusieurs constats et dix-huit mois de démarches, elle peut récupérer l’emplacement si aucun signe d’entretien ou d’intérêt pour la sépulture n’a été décelé. Les défunts sont alors transférés dans l’ossuaire du cimetière.

À lire aussi ...