Citrouilles made in Poitou

Historiquement spécialisées dans la culture du melon dans le Haut-Poitou, Helios Plant et la famille Leturck diversifient leur activité avec la courge Jack O’Lantern. Après deux années de tests, cette nouvelle production semble avoir trouvé sa place.

Pierre Bujeau

Le7.info

Au moment d’Halloween, petits et grands cherchent à se procurer l’emblématique citrouille. Une fois évidée et sculptée, elle arbore la traditionnelle figure de Jack O’Lantern, issue du folklore irlandais. C’est d’ailleurs ce nom qui a inspiré celui de cette variété de courge. Mais alors, courge ou citrouille ? « La citrouille est un type de courge, tandis que Jack O’Lantern est le nom de la variété précise de cette courge », note Maxime Leturck, responsable de la traçabilité des produits au sein de l’entreprise familiale Helios Plant, basée à Coussay. Passées ces considérations botaniques, le légume est particulièrement prisé à l’aube du mois d’octobre. Et ce n’est pas forcément pour sa saveur. « Elle est comestible, mais n’est pas reconnue pour son goût. On l’utilise généralement à des fins décoratives », explique-t-il. Avec les associés de la SCEA, Maxime Leturck s’est donc lancé dans la production de cette cucurbitacée, sur deux hectares, en complément de l’activité historique de l’exploitation : le melon du Haut-Poitou, cultivé sur 80 hectares.

Nouvelle culture

Il aura fallu deux années de tests pour prendre pleinement le virage de la citrouille. « On ne savait pas trop où on allait », reconnaît Maxime Leturck, notamment au sujet du conditionnement et du transport. Mais l’essai semble aujourd’hui transformé. La famille Leturck a notamment convaincu la centrale d’achat de Grand Frais de référencer sa production. « On pourra retrouver nos légumes dans tout le Grand-Ouest. » Les citrouilles sont également livrées directement au magasin Auchan de Chasseneuil.

Nouvelles opportunités

Au total, pas moins de 22 000 courges ont été produites cette année, pour un poids avoisinant les 100 tonnes. « Le légume varie de 2 à 10kg pour les plus grosses pièces, mais la moyenne se situe à 4,5kg », détaille Maxime Leturck. Dans les commerces, ces citrouilles sont vendues entre 4 et 6€ environ. Au-delà des débouchés commerciaux, cette nouvelle culture présente un autre avantage, et pas des moindres : l’organisation. « Les citrouilles sont récoltées en un seul passage, contrairement aux melons, qui nécessitent plusieurs cueillettes sur deux à trois semaines. » La courge présente aussi moins de risques sanitaires et se développe bien. Un atout pour l’exploitation, qui cherche à prolonger son activité après la saison des melons. Plutôt que le butternut ou le potimarron, déjà très présents sur les étals, Guillaume Leturck, responsable de la cueillette, et ses associés ont privilégié la citrouille d’Halloween. D’abord parce qu’« elle entre dans les mœurs ». Mais aussi parce qu’un gros producteur de légumes à Rilly-sur-Vienne a cessé son activité, à quelques kilomètres. « Il y avait une opportunité. »

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