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L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef du 7.
Ils portent le maillot bleu et collectionnent les médailles depuis des années. Pourtant, la sélection française de basket adapté demeure encore largement méconnue du grand public. « Même si on a fait du chemin, on a envie d’être davantage reconnus », pointe Grégory Séjor, capitaine de l’équipe de France. Sur le terrain, les Bleus comptent bien faire parler d’eux. A Bangkok, en Thaïlande, les vice-champions d’Europe et du monde espèrent monter cette semaine sur la plus haute marche du podium. « Pour ne rien vous cacher, on en a un peu ras le bol d’être vice-champions. On a vraiment envie de remplacer ce mot « vice » par « champions » », souligne le doyen de la formation tricolore. Les finales perdues ont laissé des traces, mais les cinq joueurs sélectionnés veulent conjurer le sort. « Le premier objectif qu’on s’est fixé, c’est avant tout de gagner une finale, que ce soit la petite ou la grande », tempère le sélectionneur, Thierry Fabbro.
Depuis six ans, l’équipe de France a pris ses quartiers au Creps de Poitiers. Tous les mois et demi, quinze joueurs s’y retrouvent pour plusieurs jours de préparation. « Quand on est là-bas, on est chez nous. On y a nos habitudes et les infrastructures sont vraiment pensées pour le sport adapté », résume Thierry Fabbro. Un cadre idéal pour ces sportifs présentant une déficience intellectuelle. Engagés en catégorie II1, les Bleus pratiquent le basket 3x3 selon les mêmes règles que les autres joueurs. « C’est tout le charme de cette discipline : on nous considère comme les valides », relève Grégory Séjor. A 45 ans, le capitaine, qui porte le maillot bleu depuis ses 13 ans, fait figure de repère. « Je suis un peu le porte-parole de l’équipe. Certains joueurs ont plus de mal à se confier au coach, je fais donc le relais. »
Pour encadrer les joueurs, deux entraîneurs, une préparatrice mentale, une psychologue et une personne chargée de les accompagner au quotidien sont mobilisés. Depuis trois ans, les Bleus ont délaissé le 5x5 pour le 3x3 à l’international, avec l’espoir de voir le basket adapté réintégrer le programme des Jeux paralympiques. Un format qui permet d’accueillir davantage d’équipes et favorise un jeu plus attrayant. « Il y a davantage d’espace, d’initiatives. Le jeu est moins stéréotypé et beaucoup plus spontané », détaille Thierry Fabbro.
Dans la Vienne, les Bleus profitent des stages pour affiner leurs automatismes lors de tournois organisés sur le parvis de l’hôtel de ville par l’association 3x3. « Cela nous permet de nous frotter aux valides et de préparer les échéances internationales », souligne Grégory Séjor. Malgré ces confrontations, des progrès restent nécessaires. « Nous devons encore trouver une constance dans l’intensité physique au cours d’un match », reconnaît le sélectionneur. Face à des adversaires de taille, notamment l’Australie, le Japon, l’Italie et le Portugal, les Bleus tenteront de repartir de Bangkok avec la breloque dorée dans les bagages. Verdict jeudi.
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