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Urgence
L'édito de la semaine est signé Arnault Varanne, rédacteur en chef du 7.
Ces dernières années, les tensions géopolitiques et économiques au sujet des territoires de l’Arctique se sont multipliées. La Russie possède la plus longue frontière arctique et y déploie sa présence militaire. Le réchauffement climatique a fait émerger de nouvelles routes maritimes et a mis en lumière de nouveaux gisements de ressources naturelles. Depuis son retour au pouvoir, le Président américain Trump a manifesté à plusieurs reprises son souhait d’annexer le Groenland. Or, le 22 septembre dernier, un accord de sécurité trilatéral entre les Etats-Unis, le Danemark et le Groenland a été signé, prévoyant un renforcement de la présence militaire et des garanties de sécurité en articulation avec l’Otan. Cet accord semble avoir apaisé la situation. Quelle action pour l’Union européenne dans ce contexte de montée des tensions autour de l’Arctique ?
500 000 ressortissants de l’UE habitent au-delà du cercle polaire arctique. Ils sont issus de trois Etats membres : la Suède, la Finlande et le Danemark, via le territoire autonome du Groenland. On peut regretter le refus récent de l’Islande de rejoindre l’UE, qui nous prive d’un levier important aux portes du bassin arctique.
Depuis la rentrée, les initiatives ont fleuri, comme le Forum UE-Arctique, la consolidation du partenariat avec le Groenland et le sommet de Rovaniemi des 13 et 14 septembre, réunissant des dirigeants européens autour de l’avenir de la région. C’est dans ce contexte que la présidente de la Commission européenne a présenté, le 20 octobre, la nouvelle stratégie de l’Union pour l’Arctique. Celle-ci repose sur quatre priorités : sécurité, prospérité, climat et soutien aux populations. On trouve parmi les projets pour ce territoire une meilleure surveillance des espaces terrestres et maritimes (lutte contre les flottes fantômes, la pêche illégale et les pollutions), l’accroissement du nombre de brise-glaces, le développement des infrastructures de transport (ports, chemin de fer, terminaux énergétiques) et de communication, notamment avec le Groenland (câbles sous-marins et satellites avec la future constellation Iris 2). L’Union refuse d’exploiter les énergies fossiles de l’Arctique mais souhaite bénéficier des autres ressources naturelles critiques. Le développement des énergies renouvelables est une priorité. Des programmes d’observation scientifique sont aussi prévus, ainsi qu’un renforcement du nombre de participants aux programmes d’échanges Erasmus+.
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