Une famille de hiboux moyens-ducs au cœur du village

L’été dernier, à proximité de chez lui, Olivier Pouvreau a fait une drôle de découverte qui l’a émerveillé. Récit.

Le7.info

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L’été dernier, écrasée sous le joug des canicules, ma passion naturaliste s’est repliée sur elle-même. Pour une fois, je n’ai pas souhaité m’aventurer dans mes zones de prédilection pour observer insectes, fleurs et oiseaux. Je ne voulais pas m’infliger le constat de la désolation des milieux et de leurs hôtes. Pourtant, malgré cette mise à distance de la nature, c’est elle qui est venue à moi, tandis que je longeais une enclave boisée en plein centre-bourg. Elle s’est manifestée par des cris émis à la tombée du jour : stridents, plaintifs, de longue portée, incessants et réguliers. Aucune confusion n’était possible ; il s’agissait de jeunes hiboux moyens-ducs juste émancipés, réclamant pitance auprès de leurs parents.

A partir de ce moment-là, et pendant plusieurs semaines, j’ai pu observer le manège suivant. Aux environs de 22h, les jeunes hiboux, cachés dans les arbres, se mettaient à appeler. Après plusieurs minutes, les parents sortaient du bois et se perchaient bien en vue sur un arbre du lotissement voisin (c’est ce que montre la photo) ; scène impensable pour un oiseau d’ordinaire méfiant, dissimulé dans la végétation grâce à son immobilisme et son camouflage parfait ! Eux aussi se mettaient alors à émettre des cris, sortes d’aboiements nasillards qui n’avaient d’autre but que d’inciter leur progéniture à sortir du bois. La petite famille, ainsi réunie, s’éloignait alors en direction des champs pour l’apprentissage de la chasse. Les scènes où les adultes venaient provoquer leurs jeunes en les poussant physiquement à partir en chasse sont notamment restées gravées dans ma mémoire. C’est cela, le « spectacle de la nature », pour reprendre l’expression de l’abbé Pluche au XVIIIe siècle : une cinéscénie sans réservation, du théâtre spontané, des ballets gratuits.

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