Vigilance sur les violences conjugales

La secrétaire d’Etat à l’Egalité hommes-femmes a révélé le 26 mars que le nombre de signalements de violences conjugales en zone gendarmerie avait bondi de 32%. Même si la Vienne semble pour l’heure moins touchée, personne ne baisse la garde, a fortiori parce que le confinement devrait se prolonger.

Arnault Varanne

Le7.info

C’est une nouveauté depuis le 1er avril. Toutes les femmes qui se sentent menacées par leur conjoint peuvent désormais envoyer un SMS au 114 (*). Plus discret qu’un appel, le SMS vise à prévenir les forces de l’ordre. Car à l’heure où le confinement est la règle absolue, crise sanitaire oblige, les violences intra-familiales restent une priorité des pouvoirs publics. Marlène Schiappa l’a rappelé sur tous les tons la semaine dernière, indiquant que le nombre de signalements avait bondi de 32% en France au cours de la deuxième semaine de confinement. Ce qui vaut pour l’Ile-de-France et les grandes métropoles ne vaut pas pour la Vienne. En zone police comme en zone gendarmerie, les appels n’affluent pas massivement.

« Souvent sur fond d’alcoolisation »

« On a eu quelques situations, dont deux complexes qui sont en train de se régler avec le Parquet et la gendarmerie, mais pas de hausse dans les proportions annoncées à l’échelle nationale, indique Annick Bouchaud, présidente du Centre d’information sur le droit des femmes de la Vienne. Après, des femmes appellent toujours, mais davantage pour obtenir des informations sur leurs droits, la garde des enfants... » Chargée de prévention à la Ville de Poitiers, Angélique Rodriguez évoque « trois situations dans des familles jusque-là inconnues, souvent sur fond d’alcoolisation et de « pétages de plomb ponctuels ». » Dans les trois cas, des solutions « ont été trouvées avec la famille, les amis et le 115 ».

« On reste très vigilants
, embraie Annick Bouchaud, surtout si le confinement est amené à se prolonger. L’équipe (quatre salariés, ndlr) est vraiment mobilisée pour répondre à toutes les femmes. » Si le signalement auprès des pharmacies est ici perçu comme « une bonne idée », le CIDFF est plus circonspect sur l’ouverture de « points d’accompagnement éphémères » dans les galeries marchandes. « On compte aussi sur les amis, de la famille ou des voisins ! » S’agissant de la protection des prostituées, elles aussi en situation de vulnérabilité, sept ont bénéficié de deux logements prêtés par Audacia et deux sont hébergées à l’auberge de jeunesse de Poitiers. D’autres ont pu trouver refuge chez des particuliers, notamment grâce aux Ami-e-s des femmes de la Libération. « Nous avons réalisé des maraudes avec Aides pour les mettre à l’abri », conclut Françoise Briol, ancienne présidente du CIDFF.

(*) Jusque-là, ce numéro était réservé aux sourds et malentendants. En pratique, chaque signalement transmis par SMS (24h/24, 7j/7) sera redirigé vers le service d’urgence le plus proche de la victime, le Samu, la police, la gendarmerie ou encore les pompiers.

 

Comment signaler des violences ?
En laissant un message sur le répondeur du CIDFF 86 au 05 49 88 04 41
En envoyant un courriel au CIDFF à cidff@cidff86.fr
En appelant le numéro national 3919 ou le 17
En envoyant un SMS au 114
En vous rendant dans une pharmacie
En vous connectant au site arretonslesviolences.gouv.fr
Le 119 est dédié aux violences sur les enfants
Le Planning familial de la Vienne indique par ailleurs que l'avocate au barreau de Paris Isabelle Steyer, spécialisée dans la défense des femmes et des enfants victimes de violences masculines, assure des consultations gratuites pendant la période de confinement. Son numéro : 0614371345
Son mail : isabellesteyer.avocat@orange.fr

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