Le retour aux origines de Thalie

Thalie, ses parents, sa sœur et sa marraine visitent actuellement le Vietnam, pays où la jeune fille a été adoptée par un couple de Poitevins il y a huit ans. L’objectif ? Qu’elle se crée ses propres souvenirs.

Romain Mudrak

Le7.info

La dernière fois qu’Emmanuel, 45 ans, et Aurélie, 43 ans, sont allés au Vietnam, c’était en janvier 2018. Contactés deux semaines plus tôt, ils sont partis à la rencontre de leur future fille, Thalie. « Les passeports étaient prêts, on était plus euphoriques qu’inquiets », 
se souvient le papa. Quatre ans que le couple de Poitevins attendait ce moment. Exit les entretiens de motivation, dossiers et évaluations psychologiques indispensables dans les procédures d’adoption. Recueillie par l'orphelinat Go Vap d'Hô Ci Minh Ville, Thalie a découvert ses parents le jour de leur arrivée à l’âge de 17 mois, pour ne plus jamais les quitter.

Huit ans plus tard, quasiment jour pour jour, la petite famille a décidé de retourner au « Pays du Dragon ». « A son entrée en primaire, ses camarades ont remarqué qu’elle ne ressemblait pas à ses parents. Rien de méchant mais de quoi susciter des questions chez elle. » Le couple a choisi de ne rien lui cacher. D’autant que le melting-pot, ça les connaît entre une mère née à Madagascar et un frère né à Dakar… De là est né le projet d’un fabuleux voyage de 
17 jours et 3 000km du nord au sud. Au programme : Hanoï, la baie d’Halong, la ville impériale d’Hué, Hô Chi Minh Ville et le delta du Mékong.

Dans le quotidien 
des Vietnamiens

« Je veux y aller parce que je suis née là-bas, explique Thalie, 9 ans. J’ai hâte de faire des ballades en bateaux, voir les paysages, découvrir comment on vit sur place. J’aimerais ramener des souvenirs. » L’enjeu n’est pas de retrouver la famille biologique de la petite fille, sur laquelle ils ont très peu d’informations. L’idée, c’est plutôt d’en prendre plein les yeux et de s’immerger dans le quotidien des Vietnamiens en pleine préparation du Nouvel an, la fête du Têt. Pour cela, ils comptent bien dormir « chez l’habitant ». « J’ai fait beaucoup de photos et de vidéos en 2018, reprend Emmanuel. Thalie les regarde quand elle veut, mais cette fois, elle va pouvoir se créer ses propres souvenirs. » Autant de souvenirs qu’elle va partager avec sa petite sœur, Aglaé, née par procréation médicalement assistée en 2020, et sa marraine, Marina. Tout un symbole.

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