Aujourd'hui
Ce que les hommes taisent
Mathis Bennetot. 25 ans. Ancien alcoolique. Passé par la rue. Surfeur. Barman. Élu Mister Aquitaine. Porte la cause de la santé mentale. Pour rappeler que les hommes aussi peuvent pleurer.
C’est une passion singulière que cultive Antonin Brunet. Une discipline où rien n’est laissé au hasard. Avant même de déclencher, tout commence par de longues heures de préparation : étude des cycles lunaires, surveillance de la météo, repérage des lieux. Puis, lorsque les conditions semblent enfin réunies, il charge télescope et matériel dans sa voiture et prend la route tard dans la nuit, à l’heure où l’agitation humaine s’efface et où la lumière artificielle se fait plus discrète. Le site de prise de vue a souvent été identifié plusieurs jours, parfois plusieurs semaines à l’avance. Une fois sur place, il s’installe, ajuste ses réglages et peut enfin récolter les fruits d’un protocole exigeant. « Je suis très cartésien, j’aime l’explication scientifique. Mais quand on met le nez sous les étoiles, il y a énormément de choses qui nous échappent, confie le photographe de mariage. La beauté du ciel m’emmène vers des pensées rêveuses que je n’ai pas dans mon quotidien. » Cette dualité entre science et poésie, le professeur en linguistique l’embrasse autant qu’il le peut mais pas autant qu’il le veut. « Il faut un ciel parfaitement clair, sans vent ni pluie. Il faut aussi s’éloigner de toute pollution lumineuse. La diagonale du vide, où je me rends régulièrement, est idéale pour cela. Et surtout, être en période de nouvelle lune. » Une fenêtre de tir étroite, donc. Sur une année, cela représente une douzaine de semaines potentielles, auxquelles il faut encore soustraire les aléas climatiques. Et même lorsque les étoiles semblent alignées, le résultat est rarement à la hauteur des espérances.
En 2024, l’idée d’une exposition commence à émerger. Encore faut-il disposer d’un corpus suffisamment important. Une ambition freinée par une météo particulièrement capricieuse : sur l’ensemble de l’année, Antonin n’a pu capturer que quatre clichés exploitables. Un maigre butin, qui n’entame pourtant ni sa passion ni sa soif d’apprentissage. En parallèle, il s’adonne également à la photographie animalière, autre expression de son attachement profond à la nature. Éternel amoureux des grands espaces, Antonin nourrit toujours l’espoir de présenter ses images au public. En attendant les prochaines nuits de nouvelle lune, il poursuit patiemment la constitution de sa galerie, avec en ligne de mire des candidatures à des festivals de photographie. « J’aime associer le ciel à des constructions humaines, souvent anciennes. Ce sont des témoins du passé, qui contrastent avec l’intemporalité du ciel. » Une manière aussi d’inviter à s’interroger sur la place de l’Homme au cœur de ce vaste champ d’étoiles.
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