Gourou : Ni oui Niney

Fort des succès de L’Homme idéal et de Boîte noire, le duo Gozlan-Niney s’attaque à une thématique ancrée dans l’air du temps : les coachs en développement personnel. Pour un résultat… mitigé.

Arnault Varanne

Le7.info

« Ce que tu veux, c’est ce que tu es », tel est le slogan que répète obstinément Mathieu Vasseur (Pierre Niney), coach en développement personnel le plus influent de France, lors de ses séminaires aux dérives sectaires. Parti de rien, « Coach Matt » va voir son ascension menacée par une commission d’enquête du Sénat visant à imposer un diplôme d’Etat pour réglementer la profession. Commence alors une descente aux enfers vertigineuse, pour un gourou avide de gloire.

Très attendu, cette troisième collaboration entre le réalisateur Yann Gozlan et le très bankable Pierre Niney avait tout d’une bonne idée. Le film reprend tous les codes des pseudo coachs/influenceurs à la légitimité et aux méthodes discutables. Entre les bains froids, le sport intensif ou les discours de motivation creux, tout y est : une intrigue réussie, portée par un Pierre Niney transcendant, notamment lors des scènes de séminaires face à une foule presque hypnotisée. Néanmoins, la critique sociale bien pensée va peu à peu se noyer dans un film à tiroirs qui en oublie son propos d’origine. En voulant explorer un grand nombre de sujets comme les réseaux sociaux, les rapports familiaux ambigus ou le rôle des médias, Gozlan ne reste qu’en surface, laissant le spectateur sur sa faim. On retiendra tout de même la performance saisissante d’Antony Bajon jouant le rôle du fanatique complotiste, mettant en lumière la fragilité et la souffrance des adhérents à ces programmes miracle.

En voulant tout miser sur la tension psychologique, Gourou tombe dans la surenchère. Le scénario brouillon peine à être rattrapé par un Pierre Niney pourtant taillé pour ce rôle. La démarche n’en reste pas moins intéressante et pousse à la réflexion face à un phénomène contemporain qui ne cesse de gagner du terrain.

Thriller/Drame réalisé par Yann Gozlan avec Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon (2h06).

Sacha Berritane

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