Aujourd'hui
Ce que les hommes taisent
Mathis Bennetot. 25 ans. Ancien alcoolique. Passé par la rue. Surfeur. Barman. Élu Mister Aquitaine. Porte la cause de la santé mentale. Pour rappeler que les hommes aussi peuvent pleurer.
Goldmen, Balavoine, ma bataille ou encore The World of Queen. Tous relèvent du genre tribute, autrement dit des concerts hommage. Le temps d’une soirée, ces spectacles font revivre l’énergie et le répertoire d’artistes disparus ou retirés de la scène. Parmi les musiciens et chanteurs qui composent ces tournées sillonnant l’Hexagone, certains ont côtoyé les artistes originaux. C’est le cas de Patrice Schreider, claviériste emblématique de 1979 à 1981, ou encore de Guy Balavoine, frère du regretté Daniel. « Rien ne remplace l’artiste original, indéniablement, rappelle Christophe Ravet, auteur-compositeur-interprète et chroniqueur musical du 7. Mais je suis allé voir un tribute des Beatles avec réticence, et j’en suis ressorti avec des souvenirs plein la tête. » Lorsqu’il est question de concerts hommage, la nostalgie s’impose spontanément comme clé de lecture du phénomène. Reste à savoir si cette « rétro mania » tournée vers le passé a toujours eu la même place dans le paysage musical.
À l’Arena Futuroscope, le constat est clair. « On peut faire un parallèle avec la mode ou d’autres secteurs : il y a toujours des cycles, des retours en arrière, analyse Stéphane Pottier, directeur de la salle. La majorité des spectateurs ne sont plus dans la force de l’âge. C’est rassurant de se replonger dans une époque, souvent celle de sa jeunesse. » Ce dernier appuie son analyse sur une « montée en puissance » -ces trois dernières années- de ces événements avec 10 à 15% de la programmation globale de l’enceinte, soit une dizaine de concerts par an. Un succès qui s’explique aussi par un autre facteur majeur : la qualité des productions. Loin des imitateurs approximatifs, les tribute actuels misent sur un haut niveau d’exigence artistique. « Ce sont de véritables productions professionnelles, avec un rendu optimisé pour ce type de salle et un show très qualitatif », souligne Stéphane Pottier. Ces tournées privilégient les enceintes de province plus faciles à remplir et moins coûteuses.
Ce succès s’inscrit plus largement dans une transformation profonde de notre rapport à l’écoute musicale. Aujourd’hui, rares sont ceux qui sacralisent encore un moment exclusivement dédié à la musique. Elle est omniprésente : dans les transports, en voiture, pendant une séance de sport... « Cette émotion, ma génération la vivait pleinement lors de la sortie d’un album ou de sa première écoute, poursuit Christophe Ravet. Aujourd’hui, ces fans ont besoin d’échanger, de retrouver leurs émotions. »
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