Dans la jungle de Calais

Dix Poitevins ont passé trois jours à Calais, au côté des associations qui aident les réfugiés dans la fameuse jungle, où sont entassés les réfugiés de dizaines de nationalités.

Arnault Varanne

Le7.info

Ils et elles sont étudiant(e)s et salarié(e)s. Ils et elles sont ami(e)s. Ils et elles ont choisi de passer à l’action et de quitter leur petit confort poitevin pour « une bonne cause ». En trois semaines, dix jeunes Poitevin(e)s se sont agrégés autour d’un projet solidaire : donner un coup de main aux associations qui oeuvrent dans la jungle de Calais et au camp de Grande Synthe. Après avoir collecté vêtements, nourriture et produits d’hygiène (*) à la Maison des étudiants et à la librairie La Belle aventure, le « club des dix » a taillé la route vers le Pas-de-Calais.

Initialement, le groupe aurait dû se scinder en deux, entre Dunkerque et Calais. « Mais à Grande Synthe, Utopia 56 avait presque trop de bénévoles à gérer. Du coup, nous sommes tous restés donner un coup de main à l’association Belgian Kitchen, qui sert environ mille repas par soir », expliquent Manon, Justine, Tom et Noémie.

Pendant deux jours -mardi et mercredi derniers-, tout le monde a mis la main à la pâte. Epluché des pommes de terre et des oignons. Nettoyé des gamelles « grandes comme ça ». Et aussi « un peu échangé » avec les migrants.

« Une énergie positive »

« Ce qui est frappant, quand on arrive dans la jungle, c’est que tout est organisé comme une petite ville, avec ses commerces, ses restaurants, son école. Il se dégage une énergie positive, qui contraste vraiment avec ce qu’on peut entendre ou voir à la télé. » De cette expérience unique, les Poitevins retiennent une foultitude d’images. Notamment ce café partagé avec quelques Soudanais, sous leur tente. Ou cette insalubrité presque ordinaire. C’est sûr, l’expérience les marquera à jamais. Et en même temps, ils veulent relativiser la portée de leur geste. « Donner un paquet de riz, quelques vêtements ou un peu de son temps au service des autres, ce n’est pas grand-chose, avancent les amis. En tout cas, si nous l’avons fait, d’autres en sont aussi capables ! »

Parce qu’ils ne veulent pas tirer la couverture à eux, la « bande de potes » (Justine) ne tient pas à décliner son identité. En revanche, la page Facebook « Collecte pour les réfugiés de Calais » est toujours active. Ils et elles en profitent pour « remercier tous ceux qui ont fait preuve de générosité ». Le message est passé.

(*) Ils ont également collecté plus de 400€ sur la plateforme de crowdfunding Ulule pour financer les frais liés au voyage.

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