Rassemblement national, zizanie locale ?

Officiellement, le « nouveau » Front national vit en harmonie avec ses militants dans la Vienne. Officieusement, l’ambiance serait plutôt aux petits règlements de compte entre « amis ».

Arnault Varanne

Le7.info

« Cas de fraude aux allocations concernant des élus du Front National. (…) Signé  un citoyen qui ne supporte plus les dérives des élus, quels qu’ils soient. » En l’espace de quinze jours, la rédaction du « 7 » a reçu deux lettres anonymes, mettant directement en cause Alain Verdin, numéro 1 du Rassemblement national dans la Vienne. Des lettres papier, photos à l’appui, accompagnées de courriels d’adhérents encore plus explicites sur les conflits latents à l’intérieur de la Fédération, notamment entre Alain Verdin et Arnaud Fage, premier adjoint et porte-flingue du parti dans la Vienne.

La rédaction a évidemment sollicité un entretien auprès du futur candidat à la mairie de Buxerolles (il ne s’en cache pas). Mais bizarrement, Arnaud Fage a décliné le rendez-vous pourtant calé en amont. « Je suis en phase avec Alain Verdin, ce qu’il dit est aussi ce que je pense », répond-il un brin embarrassé à l’autre bout du fil. C’est Alain Verdin lui-même qui lui a demandé de ne pas s’exprimer. Conformément à la ligne très verticale du Rassemblement (sic) national, l’ancien cadre de Debout la France est le seul habilité à parler aux médias.  A fortiori sur des sujets aussi sensibles même si, à l’en croire, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Si un jour il me fait de l’ombre… »

Sa double adresse à Poitiers ? « J’ai le droit de passer deux ou trois nuits par semaine chez ma compagne, non ? J’ai acheté une maison à Cheneché, vous pouvez vérifier... Au-delà de ça, j’avais reçu des menaces de mort pendant la campagne des Municipales. Ça ne me fait pas peur. » Autrement dit, pas de fraude aux allocations qui tiennent selon lui. Ses relations avec Arnaud Fage ? « Si un jour, il me fait de l’ombre, peut-être que vous le saurez. Mais pour l’instant, il ne m’en fait pas. » L’ancien policier balaie d’un même revers de la main la démission de la conseillère régionale Sabine Fropos (*) du FN, au moment de la scission entre Florian Philippot et Marine Le Pen. « On aurait aimé qu’elle démissionne de la Région, mais bon… »

A écouter le conseiller municipal de Poitiers, le réchauffement serait même en cours avec Eric Audebert, son prédécesseur à la tête de la Fédé. Ce n’est pas tout à fait l’avis du principal intéressé. « La mauvaise ambiance, ce n’est pas d’aujourd’hui. Qui sème le vent récolte la tempête. Même ses meilleurs soutiens en ont marre », balance le conseiller municipal de Châtellerault. Lequel avait très mal pris le fait d’être débarqué de son poste de numéro 1 pour un soutien un peu trop marqué à Jean-Marie Le Pen.

(*) Sollicitée, Sabine Fropos n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

Archives 7 à Poitiers

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