Métiers - Il dessine donc il pense

Pierre Maricourt est facilitateur graphique. A travers ses dessins, cet ex-animateur et formateur passionné de BD condense les longs discours et matérialise les concepts abstraits.

Romain Mudrak

Le7.info

Vous l’avez peut-être déjà croisé lors d’une assemblée générale ou le week-end dernier à l’Agora Jeunesse organisée à Poitiers. Pierre Maricourt, c’est celui qui dessine toujours au fond de la salle ! On croit qu’il n’écoute pas, mais en fait son attention est décuplée. Installé à son compte depuis 2019, ce Poitevin aux petites lunettes rondes est facilitateur graphique. « Je mets en mots et en images ce que j’entends », 
explique-t-il simplement. Le résultat final est bluffant. Sur chaque planche grand format apparaît une sorte de carte mentale composée de dizaines de dessins dont la vue évoque spontanément une idée. Sans oublier l’identité visuelle de l’événement en question : « Je commence toujours par relever des éléments d’ambiance, je prends des photos des lieux, les couleurs sont aussi très importantes pour retransmettre l’émotion du moment. »

Pensée visuelle

Pierre Maricourt a découvert ce métier sur le tard, en 2014. A l’époque, il travaille pour l’Union française des centres de vacances (UFCV). Animateur puis formateur, il participe à des réunions nationales. Et un beau jour, l’une d’elles est croquée par une experte. Pierre est épaté. Il décide d’apprendre la méthode, d’abord pour sa propre pratique. Mais dans un coin de sa tête, la reconversion est en marche. Il saute finalement le pas en 2019.

Les Beaux-Arts ? Très peu pour lui ! Ce passionné de bandes dessinées est sensible à la qualité des images et aux messages qu’elles sont capables de transmettre. Mais il ne dessine pas lui-même. « J’apprends en faisant. » Pierre Maricourt couvre des événements sous la forme de « reportages graphiques » 
qui peuvent être rendus en direct. L’autre facette, c’est le « sketch noting », qui réclame la participation du groupe. « J’ai récemment animé un atelier à Châtellerault dans lequel je demandais aux membres de dessiner leur quartier. C’était un moyen de révéler leur vision du quartier, ce qui était important pour chacun. » Ce concept de 
« pensée visuelle » a d’autres vertus. Il permet de faire collaborer des gens, même s’ils ne savent pas lire, ou de jeunes enfants. Dans ce cas, le dessin devient un langage universel.

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