La pédagogie au service de la laïcité

« I LAÏC BD », c’est le nom de l’outil développé par la Protection judiciaire de la jeunesse pour sensibiliser au concept vieux de 120 ans, notamment les plus jeunes. Présentation.

Le7.info

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« Penser que l’on ne peut pas parler de laïcité avec son prochain, c’est se fourvoyer. » De cela Hélène Van-Hove est convaincue. Depuis 2022, la référente laïcité-citoyenneté de la DTPJJ (Direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse Poitou-Charentes) travaille avec le dessinateur bordelais Sébastien Lagarrigue, alias Bast, à la conception de l’outil 
« I LAÏC BD ». Cette collaboration a débouché sur la réalisation de cinq dessins en grand format. Ces illustrations représentent des scènes du quotidien (école, plage, parc...) avec une volonté : 
questionner ce qui est laïc ou non. « Lors d’une soirée en 2021 célébrant la loi de 1905 sur 
la séparation des Eglises et de l’Etat, j’ai constaté une réelle méconnaissance de celle-ci que ce soit chez les jeunes mais aussi les adultes. C’est là qu’est née l’idée de faire un outil au format illustré », explique Hélène Van-Hove. L’objectif est de rendre le concept de laïcité accessible et compréhensible par tous, et plus particulièrement par la jeunesse. Au lendemain des 120 ans de la loi de 
1905, cela prend tout son sens.


Un outil déclinable en deux jeux interactifs

Deux ateliers sont proposés avec ces cinq dessins. Le premier consiste à tirer une carte représentant un comportement et à déterminer si celui-ci est laïc ou non. Le second vise à entourer, directement sur l’affiche, les actions autorisées et celles erronées. Pour développer cet outil, une phase d’expérimentation a eu lieu auprès de collégiens, de lycéens, et même de détenus de la maison d’arrêt d’Angoulême. « Nous avons rencontré des jeunes curieux, authentiques et toujours respectueux », assure Hélène Van-Hove. Les différents retours ont permis d’améliorer les illustrations, notamment en ajoutant des personnes en situation de handicap. Cet outil vise ainsi à ouvrir le dialogue, déconstruire des représentations et réfléchir à la manière de vivre ensemble. Comme le dit le dessinateur Bast, « chaque dessin a le pouvoir de susciter toutes les émotions et réactions ».


La Protection judiciaire de la jeunesse espère désormais un financement de la part du ministère de la Justice. Selon Hélène Van-Hove, il permettrait d’étendre l’outil à l’échelle nationale et de le proposer sous différents formats. L’Ordre des médecins souhaiterait déjà financer une affiche sur le thème « soins et laïcité ». 
Ce projet pédagogique a terminé sur le podium du Prix de la laïcité 2025. Pour le moment, l’outil est stocké dans les locaux de la PJJ, mais peut être amené directement dans les structures qui souhaitent le tester.

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