Aujourd'hui
Dimanche 2 janvier 2022. Limoges. Stade de Beaublanc. 16e de finale de coupe de France. Le sommet d’une vie. D’un Everest finalement indomptable pour l’USC, dominée dans les grandes largeurs (0-3) par un OM sûr de son fait. Derniers représentants d’un National 3 copieusement pillé aux tours précédents, les troupes de Stéphane Malloyer disent adieu au gratin de l’élite, dans la plus belle des compétitions nationales. Yann Gabillon est alors au cœur de sa première année de présidence. Il n’a rien oublié. « C’était un moment suspendu, reconnaît-il, d’autant plus beau que nous avions cédé les têtes hautes, face à la grosse armada marseillaise. Milik, Gerson, Kamara, Guendouzi, Saliba… Ils étaient tous là. Pour tout avouer, jamais je ne me suis dit, à l’issue de cette rencontre, que je revivrais ça un jour… »
Quatre ans ont passé. Et le sentiment présidentiel de l’époque est peut-être en passe de se dissiper. Dimanche prochain, au stade Auguste-Delaune de Bobigny (coup d’envoi à 17h30), l’USC aura en effet une chance unique de réaliser ce que de très rares équipes amateurs ont réussi à faire dans l’histoire : accéder à deux 16es de finale de la Coupe de France. « C’est dans un coin de notre tête, bien évidemment, confirme Yann Gabillon. Mais le plus dur, le plus cruel et le plus dévastateur, pour les supporters, le club, le staff, les joueurs, notamment les trois qui étaient de l’aventure en 2022, Plat, Barritault et Ayadi, serait que l’on joue ce 16e avant même d’avoir disputé le 32e. Passé la déception d’avoir échappé, au tirage, au PSG ou à une autre équipe de Ligue 1, on s’est remobilisé sur l’objectif, en se disant que le coup était encore abordable. Prudence tout de même. On ne connaît que trop le niveau réel des R1 parisiennes pour s’attendre à autre chose qu’à une partie de plaisir... »
Granville, 15e de N2, dans la même poule que le Stade poitevin, ne dira pas le contraire, lui qui a été surpris, au tour précédent, par le club formateur (et la ville de naissance au passage) d’un certain William Prunier. « Eh oui, pour notre coach aussi, ce match aura une saveur particulière », sourit le président.
Au 8e tour contre le voisin poitevin (3-3, 10 tirs au but à 9), 1 900 spectateurs avec rempli jusqu’aux cintres le « petit » stade Gilbert-Arnault. Ils seront beaucoup moins nombreux le week-end prochain. « Hélas, concède la figure de proue de l’USC. La mobilisation de plusieurs chauffeurs en aussi peu de temps et le financement d’un déplacement plus massif se sont révélés difficiles. Nous n’aurons donc qu’un car, pour un tarif de 40€ par personne, entrée au stade comprise (*). Je compte bien évidemment sur la soixantaine de supporters ainsi rassemblés pour faire un maximum de bruit et pousser les gars à se sublimer. » A se sublimer pour se qualifier, ajouter au passage 40 000€ aux 6 000, 12 000 et 25 000€ déjà cumulés (pas mal pour un club à 400 000€ de budget) et de nouveau noircir la page d’un rêve sportif et humain éveillé. Celui-là n’a pas de prix !
(*)Un deuxième car de supporters a finalement été programmé.
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