Les stratégies de l’occasion

En 2025, les ventes de véhicules d’occasion ont stagné en France. Dans la Vienne, le constat est sensiblement identique, mais pour se maintenir les acteurs du secteur adoptent des stratégies différentes.

Romain Mudrak

Le7.info

Les Français semblent attendre des jours meilleurs pour remplacer leur voiture. D’un côté, le marché du véhicule neuf a connu une chute de 5% en 2025 sur le territoire national ; de l’autre, la progression des ventes d’occasions a plafonné à +0,7% par rapport à 2024. « En 2025, on a fait face à un double constat : 
le contexte économique est compliqué et les véhicules d’occasion sont moins nombreux sur le marché et donc plus chers », 
souligne Vncent Horlacher, le gérant de Debard Automobiles à Dissay, qui rappelle les ruptures d’approvisionnement liées au Covid. En résumé, les voitures neuves, absentes des parcs hier, ne migrent pas vers le marché de l’occasion aujourd’hui.

Ouvert mi-2023, Debard a encore bénéficié d’un « effet de nouveauté » auprès des clients, selon le responsable, « d’autant que nous importons des véhicules 10km de l’étranger, ce qui est assez original ici ». Sa stratégie repose aussi sur un stock de 3 000 voitures commun aux 
16 agences du Sud-Ouest. Les gens veulent avoir le choix de modèles disponibles immédiatement ! A Poitiers-Sud, StartCar mise aussi sur ce point. Si les moteurs essence sont encore majoritaires, comme partout, l’électrique représente 10% du stock, surtout de la marque MG, dont l’enseigne est distributrice officielle. Et l’hybride se fait progressivement une place sur le parc. A la tête de la concession depuis août, Romain Vallade constate « une véritable hausse des locations longue durée, aux mensualités plus accessibles », une offre qui n’est désormais plus réservée aux véhicules neufs.

Des modèles 
plus anciens

Ici, certains véhicules peuvent avoir jusqu’à 120 000km, ce qui correspond à un allongement de la durée de vie du parc automobile français, une tendance nationale qui va de pair avec la dégradation du pouvoir d’achat moyen. « Une voiture peut avoir 15 ans et pas mal de kilomètres, si elle a été bien entretenue, c’est l’essentiel », note Alban Simonet. Après trente-et-un ans passés dans un grand groupe de distribution auto, il a repris VSB automobile à Vouneuil-sous-Biard, avec son fils Pierre, déjà salarié de l’entreprise depuis neuf ans. Lui plaide pour le « circuit court et le bouche-à-oreille. On ne vend que les voitures des environs qu’on a rachetées et diagnostiquées nous-mêmes ». 
Un atelier de carrosserie ouvrira bientôt à côté de celui de mécanique, histoire de gagner en réactivité et limiter les coûts de la sous-traitance. Il revend même sur eBay les pièces des véhicules en fin de vie. Une dimension multimétiers qui permet à VSB de maintenir son chiffre d’affaires, bien qu’éloigné des grands axes de passage.

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