Ancien mécanicien, il ne jurait que par la moto. Michel Sardin s’est peu à peu laissé « gagner » par une autre cylindrée : celle du cyclomoteur.
Témoins d’un autre temps, deux cents Motobécane et autres modèles retrouvent, chez le collectionneur, leur lustre d’antan.
Il a consacré sa vie et sa carrière à sa passion : la moto. Dans les années 1970, Michel Sardin tenait un garage à Poitiers, rue Saint-Pierre-le-Puellier. Et à l’époque, il ne portait guère les cyclomoteurs dans son cœur.
« J’ai toujours craché sur les mobs. Je les voyais comme des sous-
motos », reconnaît-il aujourd’hui avec le sourire. Mais il faut bien leur concéder une qualité. « Elles étaient pratiques et pas chères »,
admet l’ancien enseignant en mécanique moto. Contrairement à nombre de collectionneurs, l’octogenaire n’a pas grandi avec les cyclos. Aucune nostalgie d’adolescence. Et pourtant, c’est précisément cette dimension mémorielle qui l’amène, il y a une vingtaine d’années, à s’y intéresser… puis à les accumuler. Si bien qu’il possède désormais près de deux cents cyclomoteurs, répartis entre son garage et deux granges acquises spécialement pour les stocker. « À la base, mon dada, ce sont les motos anciennes. J’avais une Dollar, plusieurs modèles rares… J’ai tout revendu. Quatre motos sont parties en une semaine pour 8 000€. »
Avec cette somme, Michel fait un choix pour le moins inattendu :
« Une mob, ça ne coûtait pas cher. Alors avec le même prix, j’en ai acheté quatre-vingts. »
Dingo de cyclos
Mais attention, pas question d’acheter n’importe quoi. Ici, seules comptent les machines qui ont vécu. « Les traces du passé leur donnent une histoire. Quoi de plus déprimant qu’une moto neuve sans aspérité, sans rayure ? » Chaque imperfection raconte un usage, une époque. Bien sûr, l’incontournable Peugeot 103, symbole de toute une génération, est présente. Mais ce que le Chasseneuillais affectionne par-dessus tout, ce sont les modèles insolites bien de chez nous. « Dans les années 1960-1970, il y avait une profusion de constructeurs. »
Comme cette Dilecta fabriquée au Blanc, ou encore ce cyclomoteur Dolmen produit à Parthenay, tous antérieurs aux années 1960. Et puis, au fil des rangées, quelques bizarreries attirent immanquablement le regard. A l’image de ce cyclomoteur hollandais Sparta de 30cm³, qui ressemble en tout point à un vélo… moteur mis à part. « On le démarre comme une tondeuse, avec une ficelle. C’est complètement insolite, alors forcément je l’ai acheté. »
Vendre ? Hors de question.
« Qui voudrait acheter un cyclomoteur en 2026, à part un fou comme moi ? » Un fou, peut-être. Mais un fou passionné.