Aujourd'hui
Danser, malgré tout
Armance Delval. 21 ans. Poitevine. Danseuse classique. Formée en France, engagée en Bulgarie. A troqué l’insouciance contre la discipline. Signe particulier : une maturité précoce.
Longtemps présenté comme un tremplin vers l’emploi, l’apprentissage a traversé en 2025 une zone de turbulences. Les derniers chiffres de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) en témoignent. Au 31 décembre 2025, près de 12 000 apprentis sont en formation dans les centres de la CMA en Nouvelle-Aquitaine, soit environ 700 de moins qu’un an auparavant. Soit une baisse de 5,5% dans la région tandis que dans le département, elle se situe « autour de 1% », observe Karine Desroses, présidente de la CMA de la Vienne. Si les effectifs résistent globalement, certaines filières ont néanmoins souffert. « Pour la première année, nous avons eu des difficultés à remplir les classes en coiffure et en boulangerie », reconnaît-elle. Ce recul s’inscrit dans un contexte qui ne prête pas à l’optimisme. « Les années électorales ne sont jamais vectrices de stabilité », rappelle Gérard Gomez, président de la CMA Nouvelle-Aquitaine. A cela s’ajoutent une conjoncture fragilisée par l’instabilité politique et, surtout, les récentes décisions budgétaires nationales. L’illustration se traduit en chiffres… Fin 2025, 43% des artisans néo-aquitains se déclaraient en difficulté financière et 41% disaient manquer de confiance dans l’avenir. Dans ces conditions, les stratégies de recrutement se figent : 82% des artisans privilégient le maintien de leurs salariés, et seuls 4% envisagent aujourd’hui d’accueillir un apprenti.
Cette situation déjà tendue coïncide avec le projet de loi de finances 2026 qui a profondément remanié les budgets dédiés à l’apprentissage. Le budget 2026 de France Compétences prévoit une réduction de 50% des dotations allouées aux régions pour le soutien à l’apprentissage, « passant de 268M€ en 2025 à 134M€ », s’alarme la Région Nouvelle-Aquitaine. Cette décision, adoptée fin novembre dans un climat de forte contestation, a conduit les représentants des Régions à quitter le conseil d’administration de France Compétences. « À la fin de la présentation du budget, l’État nous a expliqué que les économies serviraient à renflouer la dette de France Compétences. Ça a été la goutte de trop », confie Karine Desroses. Le déficit cumulé de l’organisme atteint près de 12Md€ depuis 2018. « Pour rembourser la dette, on va taper sur ce qui fonctionne », déplore-t-elle. Alain Rousset, président du Conseil régional, a interpellé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, pour demander un réexamen de ces choix.
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