Rénovation énergétique : un tout, des solutions

La rénovation énergétique d’une habitation doit être envisagée dans sa globalité. Elle ne se résume pas, voire surtout pas, au système de chauffage. Petit rappel des fondamentaux avec Fabrice Guignard, conseiller technique à l’Agence régionale pour les travaux d’économies d’énergie (Artéé).

Claire Brugier

Le7.info

La toiture, l’essentielle

L’isolation de la toiture est primordiale dans tout projet de rénovation. Si les combles ne sont pas aménageables, on peut souffler l’isolant directement, de préférence « des matériaux biosourcés comme la ouate de cellulose ou la laine de bois, qui apportent aussi un confort d’été », précise Fabrice Guignard. Quant à l’ancien isolant, « le mieux est de le retirer », la vieille laine de verre qui se délite a fait son temps ! Si les combles sont aménagés ou aménageables, on peut « isoler en rampant ». L’isolant (25 cm minimum) suit alors la pente du toit, à l’intérieur ou bien à l’extérieur. C’est ce qu’on appelle le « sarking ». Mais en rehaussant la toiture, on rehausse aussi le coût…

Les murs, la base

L’isolation des murs, comme des planchers bas, participe de l’enveloppe thermique. Par l’extérieur, elle a l’avantage de ne pas empiéter sur le volume à vivre et le logement reste habitable pendant les travaux. Par l’intérieur ou par l’extérieur, qu’importe ! « Il existe une petite subtilité pour les murs en pierre, nuance Fabrice Guignard. Il faut en préserver la perspirance. Pour cela, on préfèrera un frein-vapeur à un pare-vapeur et on choisira un matériau qui supporte l’humidité, comme la laine de roche ou des matériaux biosourcés. » Dans la continuité des murs, on envisagera le remplacement des menuiseries de plus de 
30 ans ou en simple vitrage.

La ventilation, l’oubliée

On a souvent l’impression qu’en s’enfermant dans une boîte hermétique, on règlera tous les problèmes. A tort. « Il faut mettre en place un système de ventilation, sinon l’habitation garde l’humidité, les polluants… Cela peut la dégrader. Le système de ventilation est important du côté énergétique mais aussi du côté sanitaire, notamment en période de confinement. » Il existe des systèmes modulables, fonctionnant 24h/24 et capables de réduire le débit de la ventilation selon le taux d’humidité perçu, donc peu consommateurs en électricité.

Le chauffage,
 (presque) un détail

« Si la maison est bien isolée, la question du chauffage devient mineure », assure Fabrice Guignard. Plusieurs systèmes existent : les chaudières à condensation gaz, à bois (bûches ou granulés), les pompes à chaleur… Seule mauvaise idée : une chaudière fioul, dont l’installation sera interdite à partir de 2022. « On oublie souvent la production d’eau chaude », complète le technicien. Pourquoi pas un ballon thermo-dynamique ou une solution solaire pour remplacer le ballon électrique ?

Les aides, diverses

Les aides à la rénovation énergétiques varient selon les équipements et les profils. La principale, Ma Prim’Rénov est modulée selon les revenus. Dans sa version « rénovation globale » (55% d’économie d’énergie), elle peut atteindre 3 500€ pour les foyers à revenus élevés et le double pour les foyers à revenus intermédiaires. « Des bonus peuvent venir s’ajouter. » Fabrice Guignard cite également les Certificats d’économie d’énergie, le PTZ ou encore des dispositifs régionaux ou plus locaux. Mais « la rénovation énergétique d’un logement doit avant tout être un projet, avant d’être une aide », conclut-il.

 

Plus d’info sur artee.fr.

À lire aussi ...