Le champignon renaît à Scorbé-Clairvaux

La commune de Scorbé-Clairvaux produisait des champignons en cave, jusqu’à la fermeture de l’activité en 2004. D’anciens salariés œuvrent à la relancer, dans le cadre du projet Territoire zéro chômeur de longue durée du Châtelleraudais.

Steve Henot

Le7.info

Marie-Jo n’y a travaillé qu’une année, mais elle n’a visiblement rien oublié des lieux. Au fil de la visite, les souvenirs ressurgissent, intacts. Depuis un peu plus d’un an, avec d’autres anciens salariés, elle œuvre à la relance de la cave champignonnière de Scorbé-Clairvaux, acquise en décembre 2020 par la commune. Comme Marie-Jo, ils sont plusieurs à n’avoir jamais retrouvé d’emploi après l’arrêt de l’activité, en 2004. « Sur place, le boulot n’est plus à notre porte et je n’ai pas les moyens de me déplacer », confie cette femme de 59 ans.


Relancer la production de champignons sur le site est l’une des idées qui ont émergé dans le cadre du projet Territoire zéro chômeur de longue durée (TZCLD) du Châtelleraudais. Il y avait un créneau à prendre. Du moins, à réactiver. « Au début des années 2000, on est passé de 500 à seulement 50 producteurs de champignons en France, dit Delphine Plaud, la cheffe de projet. La plupart de la production est aujourd’hui réservée à la transformation, alors même que la consommation en frais augmente chaque année. » Le projet de Scorbé-Clairvaux table ainsi sur une production mensuelle de dix tonnes de champignons bruns.


Favoriser les circuits courts

L’idée est de répondre à la demande locale voire départementale, en favorisant les circuits courts. Des contacts ont déjà été pris. « On ambitionne de la vente directe, en grandes et moyennes surfaces et en centrales d’achat », assure Delphine Plaud. Les champignons cultivés au Haut-Clairvaux alimenteront par ailleurs la légumerie de l’entreprise à but d’emploi, dans l’ex-usine Méca Véga à Naintré, après transformation ou tranchage. « On aura ainsi une champignonnière zéro déchet. » Dans le même esprit, le substrat de culture proviendra de la Coopérative du Lac, à Roiffé, et sera réutilisé pour la fertilisation de terres agricoles à l’issue de la récolte.


L’ambition du projet est aussi de « moderniser le système d’exploitation » afin de rendre les conditions de travail plus confortables pour les dix premiers salariés en CDI. Avant cela, des études géologiques se poursuivent pour s’assurer de la stabilité du site. « Les premiers retours sont très favorables, c’est une cave extrêmement saine », assure Delphine Plaud. Il ne manquera plus alors qu’à obtenir l’habilitation TZCLD, en fin d’année, pour lancer les travaux d’aménagement (éclairage des couloirs, chauffage de la salle post-incubation, etc.). « On coche toutes les cases », affirme Bruno Sulli, le président de Tope 5, association qui porte le projet TZCLD du Châtelleraudais. L’activité pourra alors démarrer dès avril 2022.

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